Sur les traces des passages vers la Suisse
Entre Veyrier et la frontière franco-suisse, ce chemin mémoriel suit un itinéraire réellement emprunté durant la Seconde Guerre mondiale par des fugitifs cherchant à rejoindre la Suisse.
À travers ses différentes bornes, il permet de comprendre concrètement comment s’organisaient les passages clandestins : les lieux, les dangers, les acteurs et les choix qui pouvaient sauver… ou condamner.
Borne 12 – Pont de Sierne
Le Pont de Sierne marque un point de passage stratégique entre les voies de circulation et les chemins secondaires menant à la frontière.
C’est un lieu de transition : les fugitifs quittent progressivement les axes visibles pour emprunter des itinéraires plus discrets. À partir d’ici, chaque déplacement doit devenir plus prudent, plus silencieux.
Borne 13 – Portail allemand
Ce point rappelle la présence directe des forces d’occupation.
Le « portail allemand » symbolise le contrôle exercé sur le territoire. Les passages sont surveillés, filtrés, et toute tentative de franchissement illégal peut entraîner une arrestation immédiate.
C’est une zone de tension, où les fugitifs doivent contourner les dispositifs de surveillance.
Borne 14 – Cimetière israélite
Ce lieu apporte une dimension particulièrement forte au parcours.
Il rappelle la présence de la communauté juive dans la région, mais surtout le sort des personnes persécutées pendant la guerre. Pour beaucoup de fugitifs, le passage de la frontière est directement lié à la menace de déportation.
Le cimetière devient ainsi un lieu de mémoire, en lien direct avec les trajectoires de celles et ceux qui ont tenté de fuir.
Borne 15 – La Creuse
La Creuse correspond à une zone naturelle plus discrète, utilisée pour se rapprocher de la frontière.
Les fugitifs privilégient ces espaces en retrait, moins exposés que les routes principales. Ces lieux permettent d’attendre, de se regrouper ou de préparer le passage.
Mais même ici, le danger reste présent : patrouilles, dénonciations, imprévus.
Borne 16 – Douane de Veyrier (1)
La douane incarne la frontière officielle.
C’est ici que s’exerce le contrôle légal : vérification des papiers, surveillance des entrées et sorties. Pour les fugitifs sans visa, passer par ce point est impossible.
Ils doivent donc contourner cette frontière visible, au risque de s’exposer à des sanctions sévères.
Borne 17 – Château de Veyrier
Le château domine le secteur et offre un point de repère dans le paysage.
Durant la guerre, ce type de lieu permet de se situer, de s’orienter, mais aussi de comprendre l’organisation du territoire. Les fugitifs doivent connaître les environs pour éviter les zones à risque.
Le paysage devient un élément clé du passage.
Borne 18 – Jeanne d’Arc
Cette borne évoque les engagements et les valeurs liées à la résistance.
Elle permet de faire le lien entre les parcours individuels et les choix collectifs : aider, résister, protéger. Dans la région, de nombreuses personnes ont pris des risques pour venir en aide aux fugitifs.
Ces engagements, souvent discrets, ont permis de sauver des vies.
Borne 19 – Douane de Veyrier (2)
Ce second point de douane montre l’ampleur du dispositif de contrôle.
La frontière n’est pas un simple point, mais un système organisé, surveillé sur toute sa longueur. Les passages clandestins doivent donc s’adapter en permanence à cette présence.
Cela explique pourquoi les itinéraires empruntés sont souvent détournés et changeants.
Borne 20 – Aigue-Noire
Dernière étape du parcours, Aigue-Noire symbolise l’approche finale de la frontière.
C’est ici que se joue souvent le passage. Après un long parcours, les fugitifs doivent franchir la limite et se mettre à l’abri.
Mais même une fois en Suisse, rien n’est garanti : il faut encore être accepté par les autorités, sous peine d’être refoulé.
Une frontière entre danger et espoir
À travers ces bornes, le chemin mémoriel de Veyrier montre une réalité concrète : la frontière est à la fois une barrière et une possibilité.
Entre 1942 et 1944, des centaines de personnes ont tenté de la franchir dans cette région, parfois avec succès, parfois non. Chaque passage est une prise de risque, souvent réalisée avec l’aide de réseaux locaux.
Comme sur d’autres points de la frontière, ces passages se font en quelques instants, dans des conditions précaires et dangereuses.
Un lieu pour comprendre
Aujourd’hui, ce parcours permet de redonner une visibilité à ces événements.
Marcher sur ce chemin, c’est comprendre concrètement ce que représentait la frontière pendant la guerre : une ligne invisible, mais lourde de conséquences.
C’est aussi un lieu de transmission, essentiel pour relier l’histoire locale à une mémoire plus large, européenne et humaine.
Ce lieu s’inscrit dans une mémoire partagée entre la France et la Suisse, et prolonge le travail de transmission mené sur d’autres sites comme le parcours du Mur de la Frontière.
Plus d'infos sur : www.cheminmemorieldeveyrier.ch

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